
Le 1er janvier 2026 marque l’entrée en vigueur de la nouvelle directive européenne DAC8, qui étend la coopération fiscale aux actifs numériques. Elle oblige les plateformes d’échange de cryptomonnaies à transmettre des informations aux administrations fiscales. Faut-il y voir une révolution pour les investisseurs en crypto-actifs, ou simplement une évolution logique ?
Dans les faits, DAC8 vise surtout à combler un vide juridique et à aligner la fiscalité des cryptomonnaies sur les pratiques existantes. Pour les épargnants prudents habitués aux placements classiques, il n’y a donc pas de bouleversement drastique à craindre – plutôt une harmonisation qui apporte clarté et transparence.
DAC8, pour « Directive on Administrative Cooperation 8 », est la 8ᵉ révision de la directive européenne de coopération administrative en matière fiscale. Elle s’inspire directement du modèle appliqué aux banques depuis 2016. En effet, l’Europe échange déjà automatiquement des informations sur les comptes bancaires et autres investissements financiers entre administrations fiscales, via le standard international CRS (Common Reporting Standard).
DAC8 intègre les cryptomonnaies dans le mécanisme d’échange d’informations entre États membres, qui existe déjà pour les comptes bancaires ou les produits d’investissement traditionnels afin de lutter contre l’évasion fiscale liée à ces nouveaux actifs.
Concrètement, DAC8 impose aux plateformes d’échange crypto – appelées PSCA en France (Prestataires de Services sur Crypto Actifs) ou CASP au niveau européen – plusieurs obligations clés, dont certaines sont déjà actives depuis longtemps :
Active depuis le 1er janvier 2026, les premières déclarations porteront donc sur les transactions de l’année 2026 et seront transmises en 2027.
L’esprit de la loi est d’avoir une vision d’ensemble des mouvements, afin que les revenus tirés des crypto-actifs soient connus de l’administration fiscale même lorsque l’échange se fait via une plateforme étrangère ou entre particuliers. Notons que même une plateforme basée hors d’Europe devra se conformer à DAC8 dès lors qu’elle cible des utilisateurs dans l’UE. À défaut, elle risque de perdre son accès au marché européen ou de s’exposer à des sanctions.
DAC8 ne concerne que les plus-values réalisées sur les échanges et revenus (intérêts, staking) tirés des crypto-actifs. Contrairement à ce que certains craignent, elle ne concerne pas la détention en tant que telle.
Si vous conservez vos crypto-actifs sans les céder, aucune nouvelle obligation ne s’applique à vous (il conviendra cependant de vérifier si vous devez déclarer un compte à l'étranger). En revanche, si vous vendez avec profit, ces gains devront être déclarés et imposés conformément à la loi fiscale de votre pays.
Par ailleurs, rappelons que la législation française imposait déjà depuis 2019 de déclarer l’existence de ses comptes sur des plateformes crypto à l’étranger via le formulaire 3916, indépendamment de DAC8, tout comme pour un compte bancaire hors de France. Cette obligation reste en vigueur. DAC8 vient compléter le dispositif : hier vous deviez déclarer vos plus-values crypto sur l’honneur, désormais l'administration fiscale pourra recouper avec les données des plateformes.
Faut-il s’inquiéter ? Non. DAC8 ne change rien aux bonnes pratiques précédentes. L’administration fiscale recevra des informations des plateformes uniquement dans le but de vérifier la concordance avec votre déclaration de revenus. En cas d’écart significatif, elle pourra vous solliciter – exactement comme elle le ferait si votre banque lui signalait un revenu financier non déclaré. Le principe reste que « les informations sont échangées entre autorités fiscales à des fins de conformité fiscale uniquement ». Pour ceux qui déclarent déjà leurs gains, cette évolution ne change rien. Pour les autres, c’est l’occasion idéale de régulariser sereinement leur situation.
Au-delà de la fiscalité, DAC8 s’inscrit dans un mouvement plus large de normalisation du secteur des cryptomonnaies. L’Union Européenne a multiplié les textes pour encadrer cet univers émergent : le règlement MiCA en 2023 sur les services crypto (agrément, réserves des stablecoins, protection des investisseurs…), la Travel Rule/TFR pour la traçabilité des transferts, le DSA (Digital Services Act) pour les contenus en ligne, etc. Le maître-mot : assainir et légitimer le marché crypto, afin de le rendre plus sûr et plus accessible au grand public.
Voir les cryptomonnaies se doter de règles claires et encadrées est souvent perçu comme un signe de maturité rassurant par les acteurs de la finance traditionnelle. Moins d’opacité signifie moins de risques cachés. Désormais, tous les échanges crypto conformes devront tenir un registre clair des transactions et répondre de leur gestion devant les autorités – tout comme une banque ou un courtier en Bourse le fait. Réguler, permet de filtrer les bons élèves des mauvais, et protéger ainsi les épargnants des mauvaises surprises.
Par le renforcement de l'encadrement, l'UE cherche à éviter de nouveaux scandales qui ont pu ébranler la confiance du grand public, et ainsi favoriser l’adoption générale des crypto-actifs. Pour un particulier ou une entreprise, investir via un intermédiaire régulé offre une tranquillité d’esprit incomparable : “on sait où va son argent, qui le garde, et selon quelles règles”. De quoi encourager un investisseur traditionnel à franchir le pas vers les actifs numériques.
Qu’en est t’il de la vie privée des investisseurs
De nombreuses interrogations autour de la directive DAC8 concernent la protection des données personnelles. En obligeant les prestataires de services sur crypto-actifs à transmettre aux administrations fiscales européennes des informations détaillées sur les transactions, le texte amène une question légitime : quelles données sont partagées, avec qui, et dans quel cadre ?
Il est important de souligner que DAC8 ne vise en aucun cas à rendre ces données publiques, ni à les exposer en dehors du champ fiscal. L’ensemble du dispositif repose sur des garde-fous solides :
En clair, il ne s’agit pas d’un registre public ni d’une base de données accessible aux tiers. Il s’agit d’une coopération inter-administrations, comparable à ce qui existe déjà pour les comptes bancaires classiques..
Chez Paymium, nous veillons à ce que cette nouvelle transparence s’exerce dans un environnement sécurisé et respectueux de vos droits. En choisissant un acteur régulé et historiquement fiable, vous bénéficiez d’un traitement conforme à la loi — sans compromis sur la sécurité de vos données.
La directive DAC8 représente un tournant sobre mais structurant. Loin d’une remise en cause du modèle crypto, elle marque son entrée dans le droit commun. En alignant les crypto-actifs sur les standards déjà appliqués aux comptes bancaires et aux placements traditionnels, l’Union européenne poursuit un objectif clair : transparence fiscale, sécurité juridique et confiance des investisseurs. Pour celles et ceux qui déclaraient déjà correctement leurs opérations, cette directive ne change rien dans la pratique. Pour les autres, elle met fin à une zone grise et offre l’opportunité de repartir sur des bases saines.
DAC8 participe à la maturation du secteur. Elle renforce la crédibilité des crypto-actifs auprès du grand public et des investisseurs prudents, tout en protégeant les utilisateurs grâce à un cadre strict, encadré par le RGPD et réservé à un usage exclusivement fiscal. Dans ce contexte, choisir un acteur régulé et transparent tel que Paymium devient plus que jamais un critère essentiel.
En définitive, DAC8 illustre une tendance de fond : la crypto ne disparaît pas sous le poids de la régulation, elle s’installe durablement comme une classe d’actifs à part entière. Pour l’investisseur responsable, informé et accompagné, cette évolution est moins une source d’inquiétude qu’un signal de stabilité et de maturité du marché.
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